• Je suis frappé dans l'actualité de la littérature scolaire par la montée en force d'un étrange configuration de la répétition et de la réitération de considérations portant sur des questions que nous avons naguère (cela fait un bout de temps!) quelque peu travaillées...

     

    Source : 123rf

    Les exemples s'ajoutent aux exemples.

    Ce n'est pas anodin. Et il est troublant que ni du côté des philosophes, ni du côté des historiens de l'éducation, ne se manifeste quelque étude du phénomène. Dans les domaines que je connais un peu, mes dernières lectures font état d'un ensemble d'exemples, qui lui donne assez d'ampleur pour ne pas le considérer comme anodin, voire passager. Ce qu'on espérerait.

    Ces passages peuvent sans grand frais être rapportés à la galaxie d'ensemble, et l'on invoquera le présentisme, ou encore quelque effet des nouvelles tendances de la néo-idéologie, soucieuse de conforter un monde lisse, sans prise de distance, ni souci de quelque transmission.

    Le plus inquiétant pour la culture scolaire, et éducationnelle, reste qu'aucun signal ne se manifeste chez les spécialistes pour engager au moins un début d'étonnement. Ce qui fait que l'analyse du prodige reste à ce jour improbable.

     

     

     

     

     


  • Alors que l’idée d’une véritable révolution de la conception de l’éducation scolaire semblait gagner du terrain,  à la faveur de la puissance de l’installation des « nouvelles donnes » et d’un discours officiel de « refondation », il est préoccupant de constater combien les vieilles lunes tiennent bon au firmament de l’idéologie. Symboliquement, le firmament, ce n’est plus l’entre-deux du parcours (les limbes), mais celui du « milieu supérieur » où le pouvoir maintient l’immobilisme, notamment par la production d’un discours magistral du haut de la chaire.

    Les profs de profs

     

    L’actualité de la « rentrée », rituelle (car on ne pense pas d’éducation hormis quelques mois scolaires) occasionne les marronniers : cette fois-ci, les papiers semblent consacrés, tous médias confondus, mais au premier chef dans les médias dits « pédagogiques », à des relents de la fameuse « querelle du pédagogisme » que l’on croyait oubliée ou versée au musée des faux débats et des idées reçues. Et qui a bouché pour longtemps la moindre faille où un débat digne de ce nom pourrait se faire jour.

    Du Café pédagogique à Educavox, de Libération au Monde, on trouvera une édifiante lecture sur cette configuration discursive manichéenne et que l’on croyait résiduelle. De la même façon, alors qu’un formidable élan pourrait faire valoir l’importance d’en finir avec la dangereuse image du Clerc, - au premier rang la figure tutélaire de celui qui sait tout -, le pouvoir sans partage du néo-mandarin et la mise en avant d’une poignée de personnalités médiatiques omniprésentes ruine l’esprit d’échange démocratique, de recherche collective et de réseaux d’intelligence.

    Les Donneurs de leçons

    L'amour des stars, des "intellectuels" médiatiques, et l'admiration des égos surdimensionnés semble bien éloigné de l'humanisme des Lumières et des idéaux de coopération. Il faut alors bien prendre le temps d’analyser à quoi correspondent la figure magistrale et son rôle dans l’économie du discours scolaire. Et de se demander pourquoi cette topique est en elle-même à l’abri de toute critique.

    C’est non seulement décourageant pour toutes les bonnes volontés qui n’ont que faire de maîtres à penser… ce qu’ils pensent eux-mêmes depuis longtemps, mais c’est une pénible constance du blocage mené par quelques pères castrateurs et prophètes des lieux communs. Au creux de ce scolarisme persistant, et triste, nous sommes là, comme chez les philosophes de mode et de cour, bien loin, si loin et de la pédagogie profonde, de la recherche critique, et du gai savoir.

    Ces postures peu glorieuses sont contemporaines de la formidable récupération par le discours dominant des espoirs d’émancipation : en période post-libérale (comment qulifier, de même que "méta-libérale" ?), tout peut s’assimiler, tout se vaut, et il n’est pas question de laisser une brèche dans les murs de cette forteresse - qu’au demeurant, personne ne semble s’apprêter à assiéger. Cela dure depuis un quart de siècle, et une génération entière aura travaillé sans relâche pour ce piètre résultat.

    La question actuelle est de savoir si une perspective critique peut composer avec cette configuration bloquée depuis trop longtemps, et décidément humiliante. Ou se reprendre.

    Le plus étonnant est que nous avons tous les moyens, patrimoniaux, intellectuels, techniques, pour penser et agir autrement. Encore faudrait-il le vouloir. Et à défaut, on poursuit dans le même sens du bavardage, de la phobie de l’invention et de la fermeture des routes possibles. Tout en clamant haut et fort le contraire. C’est absurde, mais ce n’est pas nouveau.

    Les profs de profs

    Dans l’acceptation de ces manipulations, ce besoin de servitude, et avec un tel masochisme paradoxal, nous sommes loin de la « révolution copernicienne » appelée de leurs vœux par les pionniers de l’éducation nouvelle.


  • L'analyse des eaux scolaires dans ces derniers mois ne peut qu'inquiéter la conscience réflexive : on ne voit ni ne perçoit en effet, dans l'abondante production discursive du milieu, réactivée du fait d'un changement politique local, aucune nouvelle marque de départ.

    Ne pas franchir les lignes

    Rhéa

     

    Bien au contraire, le discours tourne sur lui-même, quand il ne se réfère pas implicitement à des vieilles lunes de plus d'un quart de siècle.

    Cette configuration condamne par avance tout propos pieux, sinon clérical, qui ne serait pas attaché à faire bouger les lignes. 


    Si cette vérité vraie n'est pas atteinte, pourquoi ne pas se taire : il ne se passe rien ? On en parle!

     

     





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