• Je suppose que nombre d'entre les praticiens de l'enseignement scolaire ont dès la fin des années 60 rompu avec l'Estrade. Mais chacun sait que le Praticable de théâtre peut avoir son rôle, y compris dans les mises en scène en rupture avec le Numéro à sens unique.

    Estrade

                                                      Aréopage Source : Tomax PouM 2011

     

    Or, dans une société du spectacle, la Scène tient bon. Les oligarques de la pensée scolaire l'occupent à cœur joie magistral, pour se donner à voir. A l'Estrade du petit prof correspond la Chaire du grand donneur de Leçons. Le Maître à penser s'entend à dominer, et d'imposer sa Parole  aux dévots.


    Les figures et les supports de l'Estrade sont divers : colloque, table ronde, conférence, podium, tribune, ring, "une" de magazine etc. - tandis que les grands de ce monde s'exhibent, et que les idéocrates prêchent, le bon peuple et les experts restent dans la salle. Le débat se limite à un temps réduit après le Cours ou la Joute, les médias n'admettent pas de dialogue ou d'interaction, sinon un vague feed-back via les "commentaires" réduits des blogs.


    Il n'existe pas aujourd'hui de média relatif à l'éducation scolaire qui intègre le débat d'idées. Donner à lire, à sens unique. Ni contradiction, ni droit de réponse quelconque. A la rigueur, un dialogue de sourds à distance entre réactionnaires crapouilleux et lointains descendants du progressisme. Manichéen.


    Malgré les énormes possibilités ouvertes par les techniques, le vieux monde hiérarchique, transitif et verbaliste tient bon. On sait le paradoxe du "cours magistral sur les pédagogies actives", et de la harangue d'autorité sur la nécessaire coopération, qui s'analyse en termes de discours paradoxal, et de disjonction entre le propos et la vérité pratique.


    Cette conjoncture paraît durable, tant que personne ne songe à rompre avec l'ordre établi. A commencer par remettre l'Estrade à sa place, et renoncer aux certitudes des Clercs.


    Car pourtant, un autre monde est possible, fait de respect, de reconnaissance et de coexpérience.

     


  • J'ai tapé - genre Qwant ou Google -  l'expression "communautarisme" sur quelque moteur de recherche monopolistique.

    Ce terme pourrait nous être en effet utile dans l'analyse critique des tendances en cours.

     

    Mais, mais, il y a un mais!

    Je suis tombé sur "Pierre-André Taguieff", et sur des liens subséquents...Luc Ferry (si si sic) et A. Finkielkraut (si si si sic et resic).

     

    Bref, on est dans une merde noire, quasi cancéreuse. Quel dommage, quel effondrement!

     

    .


  • C'est sur le principe très désagréable. Forclore met fin et boucle. 

    Pourtant, il faut prendre les faits pour ce qu'ils sont.

    Forclos

    Sur les listes spécialisées, ce ne sont pas les sujets de débat qui font défaut. Pourtant, ils se présentent sans approfondissement, analyse ou conteste, puis s'évaporent, pour un temps, avant de resurgir dans le même état : sans avancée. Le simple requisit en discussion commune passe pour insolence.

    Il y a comme un anathème sur l'idée même qu'un débat serait possible. Comme une stupeur. Si bien que les occasions ratées l'emportent sur les possibles. Nous voici à l'opposé de l'esprit scientifique et démocratique, y compris chez ceux-là mêmes qui en prônent la vertu. 

    Comment, de gaîté de cœur, faire le deuil des illusions de coopération, de communauté éducative ou scientifique, sinon de convivialité ? L'homme nu, dès lors, désarmé.

    Nous en aurons donc vu des vertes et des pas mûres, et ces signes du temps ne sont pas rassurants pour la suite.

     


  • Notules : retenir le mot.

    Nous ne manquons pas de concept(s)!


    J'attribue à ce terme de concept deux acceptions :


    - linguistique : une théorie du concept relève d'une théorie du signe

    - épistémologique : le concept est ce qui ressort de l'analyse. Il y a un rapport avec la terminologie, et avec la déconstruction.

    Concept

                  Sentier des lanternes, Metz, 2016 (photo JA)

    Dans le cas de Vastes Panoramas, historiques ou culturels, il peut s'agir "d'hyper-concepts", s'ils résultent d'une analyse. Ou tout simplement de catégories typologiques (c'est un peu comme les "régimes d'historicité")

    Concept n'est pas conception, ni représentation. 

     

    Bien entendu, le terme est polysémique, et on peut donner dans le flou ou l'invention! Confondu donc souvent avec notion ou idée au sens le plus commun. On trouve donc un abus constant dans la logorrhée des idéologues, et le "concept" nourrit la doxa. L'usage dans la "phraséologie médiatique courante" relève du "trafic des lexèmes" (v. ce terme).

     


  • Notules : retenir le mot.

     

    Tout aura été dit, ou presque, sur la notion de transdisciplinarité. Les distinctions entre pluridisciplinaire, interdisciplinaire et transdisciplinaire ont été maintes fois affinées, et il faut se reporter à quelques articles de synthèse, et quelques rares ouvrages pour approfondir.*

     

    Transdisciplinarité

    La perspective transdisciplinaire est suffisamment prometteuse et ouverte, et nous y avons adhéré, notamment à l'occasion du projet "transverse" (2008-2011).

    L'ennui est l'usage. Naguère avancée communément par quelques  universitaires avisés, qui ont eu le bon goût dene pas se l'approprier, la notion est ça et là brandie comme étendard de supériorité et garant de niveau. Mais surtout, elle n'est quasi pas mise en pratique dans les domaines qui nous intéressent, où elle ressemble fort à un méli-mélo.


    D'autant qu'une seconde question cette fois lancinante exige un éclairage : celle du reversement à l'action. Dans le domaine scolaire, tous genres confondus, la pratique est bien loin d'avoir compris et intégré la nécessité d'un dépassement des cadres en vigueur. Cela passe en effet par un état d'esprit.

    Une troisième question pointe alors, celle de la crédibilité, qui est aussi liée l’indépendance de la recherche par rapport à l'institution. Ainsi les membres de la confrérie semblent attachés aux valeurs sûres et au bien-fondé de l’académisme. Toute "révolution" philosophique ne pouvant s'opérer véritablement que par dissidence et insurrection créative.

    Quant au nécessaire redéploiement des catégories, elle est bien antérieurement pressentie. Si dernièrement on a pu noter l'initiative de l'association Ciret (1987), qu'il est utile de se référer à la Charte de 1994, l'époque récente n'est pas inattentive.

    Il suffit en cela de se référer à la diffraction des plans de rationalité, engagée il y a fort longtemps par la "Théorie de la médiation". Il y a plus d'un demi-siècle.

    Pour ce qui est là d'une orientation de la réflexion possible, la révision des catégories est dans la "Théorie de la médiation" radicale, non en fonction d'une idéologie préalable, mais en raison d'une investigation scientifique. Ce bouleversement précède la distribution en vigueur, dont elle aura produit la critique. A l'inverse, la "transdisciplinarité" tente de dépasser l'ordre existant, mais sans le subvertir.

    ___________________________________

    * L'article de wikipedia n'est en cela pas fiable. Entre autres. Plusieurs bibliographies omettent le travail de J.-P. Resweber : Le parti de la Transdisciplinarité, 2000. 

     

     

     

     

     

     





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