• Penser, trop penser

    « Penser l’éducation aux médias et au numérique »

    Ma revue de presse scolaire me fait rencontrer un extrait de déclaration d'un respectable inspecteur général, friand de nouveautés techniques. Et qui déclare énoncer comme "priorités" :

    "Repenser les lieux et les tps d’apprentissage

    et penser une éducation aux médias et au numérique"

    Penser, trop penser

    Source : 123rf

    Cette dernière phrase infinitive, et infinie (in-finie), renvoie plus au discours scolaire qui nous a gâtés ces dernières années en "penser" (on peut tout "penser"...). Il renvoie donc au paradigme du "trop penser" dont j'ai par ailleurs développé l'étude (elle même infinie, car on n'en finit pas, notamment dans les colloques de "sciences humaines" de "penser"). Et indéfinie, tant l'ambiguïté du terme prête à perplexité, d'autant qu'une analyse n'est, là non plus, disponible.

    Il renvoie dans le même élan au paradigme des "éducation à", qui, dans le domaine cité (les médias), et sans doute dans d'autres, est surtout, sous couvert de "transversalité", une "dispense d'enseigner". Il faut s’intéresser aux déterminations historiques, politiques, idéologiques de l’expression

    "Education aux médias" se comprenait, pour des raisons conjoncturelles, comme de communication dans l'espace international, et nous l'avons utilisée il y a un quart de siècle. mais aujourd'hui, en raison des tours pris sous cet intitulé, et de ses dégradation sémantiques, il mériterait d'être revisité ; d'autant qu'il semble désormais "infuser" une vaste zone de flou.

    Or, il est précisément popularisé aujourd'hui, avec un fol retard, comme si la discours avait supplanté le réel, et avait figé ce qui avait été un temps une dynamique.

    Il ne s'agit donc pas non plus ici de "repenser" un domaine à l'intitulé "vieilli". Cela pourrait passer, au sens où la masse des travaux, et leur qualité, engagés il y a plus d'un quart de siècle, suffirait pour une mise à plat, et une clarification. S'il s'agit du « rapport éducatif scolaire aux médias", il serait correct d'effectuer alors une synthèse des quatre dernières décennies, et de recourir à un éclairage plus général : philosophie de l’éducation et « éducation seconde », pédagogie, philosophies de la technique, théories des transferts,  etc.

    Las! Noyons encore le poisson. Savoir dans quel but, voilà l'affaire.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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