• Postlibéralisme

    Pourquoi j'ai utilisé ce terme.

     

    Postlibéralisme

                                                  Daniel Tourre, Pulp-Libéralisme

    Il est difficile de nommer ce qui est en cours, "époque", "bassin", ou "régime". Les catégories traditionnelles liées soit à l'historicité - "la modernité", soit au politico-économique - "le libéralisme", sont débordées par les flux considérables qui ont déplacé radicalement les contours de la culture.

     

    Comment donc qualifier le mieux possible le régime en cours ? Nous avons en effet dépassé depuis un moment le stade de la "postmodernité", à laquelle plusieurs auteurs tiennent encore.

    - En réalité nous n'en sommes plus là.Un pas a été franchi, qui introduit à une autre réalité. Définie par des caractéristiques inédites. Peut-être, au fond, pourrions-nous nous déclarer "méta-modernes".

    - Le terme de libéralisme ne convient plus : le libéralisme humaniste ou chrétien de l'après-guerre n'est plus. Le terme de néo-libéralisme lui-même, s'il est pratique pour situer les phénomènes liés aux "trente piteuses" est déjoué par les tendances en cours : il n'est plus opératoire pour inclure les "nouvelles donnes", les formes antinomique du discours... [1]

    J'essaie donc pour ma part : "post-libéralisme", pour indiquer le dépassement d'époque, où les figures du retournement font loi.

    Je suis conscient du fait qu'à l'instar de tant de termes descriptifs généraux celui-ci a déjà été utilisé dans d'autres acceptions. Considérons-le comme provisoire, pour désigner ce qui se développe actuellement, en attendant quelque terme plus adapté.

    On pourrait risquer par exemple, méta-libéralisme, moins usité, et apte à désigner "ce qu advient".

     


    Relativisons : on a vu combien le philosophisme pouvait se délecter de telles terminologies : d'ailleurs, de tels mots ainsi forgés se retrouvent dans divers contextes... L'essentiel est bien de nous situer ici et actuellement, et que les catégories antérieures sont en cela dépassées.

     

     



    [1]. Ce qui est central n’est plus ce qui est « au milieu », mais « le milieu » lui-même, en tant que réalité qui entoure. Un tel déplacement peut être analysé comme le signe, sinon le symptôme, du sort qui est réservé à l’homme dans le régime civilisationnel et culturel qui cherche à s’imposer depuis plusieurs siècles : le libéro-capitalisme.  Ce régime est souvent appelé néolibéralisme, qui en représente la forme contemporaine. Mais je préfère lui donner le nom qui permet de bien identifier les deux courants qui le constituent : le libéralisme (comme idéologie) et le capitalisme (comme milieux d’intérêts). « Libéro-capitalisme » signifie proprement « libération et liberté du capital ». (Sachot 2011)


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