• Qui pourrait prédire

    2017

    La grande roue arrimé à la cathédrale à aube (Metz, décembre 2016)

     

    Qui pourrait imaginer comment la philosophie va s'y retrouver, et comment nous allons retrouver la philosophie ?


    Comment nous renouerons avec le sens de l’éducation ?

    Comment nous nous réconcilierons avec nous-mêmes.


  • Notules : retenir le mot.

     

    Tout aura été dit, ou presque, sur la notion de transdisciplinarité. Les distinctions entre pluridisciplinaire, interdisciplinaire et transdisciplinaire ont été maintes fois affinées, et il faut se reporter à quelques articles de synthèse, et quelques rares ouvrages pour approfondir.*

     

    Transdisciplinarité

    La perspective transdisciplinaire est suffisamment prometteuse et ouverte, et nous y avons adhéré, notamment à l'occasion du projet "transverse" (2008-2011).

    L'ennui est l'usage. Naguère avancée communément par quelques  universitaires avisés, qui ont eu le bon goût dene pas se l'approprier, la notion est ça et là brandie comme étendard de supériorité et garant de niveau. Mais surtout, elle n'est quasi pas mise en pratique dans les domaines qui nous intéressent, où elle ressemble fort à un méli-mélo.


    D'autant qu'une seconde question cette fois lancinante exige un éclairage : celle du reversement à l'action. Dans le domaine scolaire, tous genres confondus, la pratique est bien loin d'avoir compris et intégré la nécessité d'un dépassement des cadres en vigueur. Cela passe en effet par un état d'esprit.

    Une troisième question pointe alors, celle de la crédibilité, qui est aussi liée l’indépendance de la recherche par rapport à l'institution. Ainsi les membres de la confrérie semblent attachés aux valeurs sûres et au bien-fondé de l’académisme. Toute "révolution" philosophique ne pouvant s'opérer véritablement que par dissidence et insurrection créative.

    Quant au nécessaire redéploiement des catégories, elle est bien antérieurement pressentie. Si dernièrement on a pu noter l'initiative de l'association Ciret (1987), qu'il est utile de se référer à la Charte de 1994, l'époque récente n'est pas inattentive.

    Il suffit en cela de se référer à la diffraction des plans de rationalité, engagée il y a fort longtemps par la "Théorie de la médiation". Il y a plus d'un demi-siècle.

    Pour ce qui est là d'une orientation de la réflexion possible, la révision des catégories est dans la "Théorie de la médiation" radicale, non en fonction d'une idéologie préalable, mais en raison d'une investigation scientifique. Ce bouleversement précède la distribution en vigueur, dont elle aura produit la critique. A l'inverse, la "transdisciplinarité" tente de dépasser l'ordre existant, mais sans le subvertir.

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    * L'article de wikipedia n'est en cela pas fiable. Entre autres. Plusieurs bibliographies omettent le travail de J.-P. Resweber : Le parti de la Transdisciplinarité, 2000. 

     

     

     

     

     

     


  •  

     

    La culture en formation, à laquelle tout un chacun semble croire et adhérer, comporte une acceptation croissante de la bien-pensance, de règles fixées par quelque autorité supérieure, soucieuse d’adaptation et d’innovation dans la production des formes possibles – entre douceur et brutalité - de l’asservissement, ce qui suppose un travail d’abrutissement suffisant pour que chacun croie et accepte.

     

     

    Configuration

    Le discours d’inhibition qui s’est progressivement mis en place sans indignation ni contrepartie accompagne le développement d’un « culture » dont les caractéristiques sont loin d’une quelconque perspective de clarté et d’apaisement.

     

     

    Cette configuration redoutable n’est sans doute pas éphémère. Elle est en tous cas profondément implantée, et ne saurait évoluer autrement que pour sa propre finalité.

     

     

    Il ne faut pas chercher ailleurs que dans la démission critique, et l’abandon des idéaux, la force actuelle de l’ignorantisme, ou la montée des pires. Ce contre quoi cherchent à s’opposer les forces d’intelligence n’est pas issu de quelque génération spontanée.

     

     

    Il faut en conséquence relire ce texte, et en discerner les sources. C’est leur poison qu’il faut expurger, des eaux insalubres déversées dans nos plaines qu’il faut nous débarrasser.

     

     

    Cette guerre ne laissera personne indemne. Nous aspirons à la paix.

     


  • Pourquoi faire simple ?

    Simplexité

    Ici se délivre la procrastination chère aux scolaristes, leur attachement à une notion de "complexité" qui a naguère servi en effet de slogan à tel idéologue d'état. Si la notion a pu recouvrir quelque description positive, elle ne peut servir de religion, sauf à en effet en utiliser concrètement et pratiquement quelques aspects.  Mais nous restons dans l'antique sphère néopositiviste...

    "Le pari de la complexité dès l'école maternelle". J'ai bien lu. Quant à ce que cela veut dire... Si je vois à peu près, expérience aidant, où on veut en venir, je ne suis sûr de rien de plus.

    A la complexité de salon, je préfère la simplexité d'action.

    ***

    J'aime cette notion, qui aurait été l'apanage d'un digne Professeur de Haut Rang (Berthoz, Collège de France, c'est dire) , mais que nous devons surtout à Bernard Collot, qui l'a développée à partir de sa riche et authentique expérience d'enseignant.

    Quel dommage bien sûr que cette approche se soit un peu perdue dans les caprices de la mode, et se soit ancrée dans la sphère néoscientiste, à coup "d'outil neurocognitif ".

    Cette notion peut en effet être habilitée richement à l'inverse du déchaînement actuel, qui ne présage rien de bon. La pédagogie se comprend elle-même, à l'inverse de l'idéologie de la pédagogie, et des hystéries néolibérales.

     

    ***

    Mais enfin, les tendances actuelles du scolarisme, les ambitions gestionnaires, les mains-mises idéologiques, vont à l'encontre de tout humanisme et de toute philosophie de l'éducation profonde. Faire simple, ce serait offenser le Prince qui en décide autrement.


  • La principale astuce des sectateurs d'appareils est de jouer sur la polysémie des mots, croyant y trouver avantage.  

    Dikô : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/affart.exe?19;s=3943975350;?b=0;

    Militant

    A la Saint-Michel 2016.

                                                                                                                                                   Photo : JA

    Avec le vocable "militant", on peut par exemple fusionner :

    - combattant

    - personne qui agit pour une cause

    - adhérent d'une organisation

     

    Quant aux "militants sectaires"... Mais non, c'est un autre! (Maman j'ai raté l'avion). 

    Mais enfin, dans cette "démocratie"délabrée, chacun a le droit de cité, même avec les idées les plus dégueulasses : http://fninfos.fr/

    Il y a ici les audaces et les fanatismes, là les convictions, là encore, les prêtres et les dévots.

    Tout ne se vaut pas.

     

    Et pour quoi, pour qui "milite-t-on" ?

    Un cas récent amusant: " La Conférence spéciale Education et Innovation animée et modérée par N... « Après avoir exercé la direction d’écoles de commerce, puis directeur de la formation degrands groupes français et internationaux, N... est un innovateur de la formation avec la fondation de l’AFFEN, premier think tank et do tank de la formation enentreprise et de TEMNA, pour accompagner sur le terrain la performance de la prospective ; agitateur d’idées, conférencier, chroniqueur et essayiste... militant pour entrer ensemble dans le 21ème siècle ».

     

    Un "grand Militant" (de haut rang, donc) est souvent un idéologue patenté (ainsi du "Militant pédagogique"... (à côté desquels nous ne sommes rien - ou moins que rien). 

     

    ***

    Le mot militant a une longue histoire!

    Colette Magny se refusait à ces titres - comme celui "d'engagée". http://www.musicme.com/Colette-Magny/titres/Les-Militants-t690201.html

     

    Je ne me suis jamais appelé militant.

    (Encore moins pédagogue).

     

    Quant à "militant pédagogique", c'est un sommet auquel nous n'aurions jamais prétendu. 

     

     

    Pour autant, n'étions-nous rien, ne faisions-nous jamais rien ?

     

    Il faut inventer les mots.