• Néopédagogisme

    On croyait l'affaire enterrée, versée aux oubliettes des paperasses et des beaux discours, déjouée par les analyses pertinentes.

    Néopédagogisme

    Que nenni! Le fantôme de la très artificielle et désuète "querelle du pédagogisme" - qui aura tant, et pour longtemps, plombé le dossier et le débat officiel de l'éducation scolaire en France - ressurgit à l'occasion des publications, propos et autres re-positionnements de la "rentrée" du milieu professionnel.

    C'est en effet une question de"discours scolaire" plus que d'intérêt général pour l'éducation. Comme nous l'avons souvent indiqué, la remarquable stabilité de la topique est le garant d'une continuïté sans changement. Celui-ci ne pourra venir que d'une (très) lente évolution, ou d'un événement brutal de type "révolutionnaire".

    Plus qu'improbables : en attendant, nous sommes conviés à subir cette règle du jeu de la "rhétorique scolaire", sans pouvoir nous en dégager. La plupart de ceux que cela indispose ne sont pas présents pour en parler ou en écrire, et encore moins conviés à en exposer ou acceptés dans les lieux où le pouvoir symbolique se joue.

    Cela dit, autant le pédagogisme, et son contraire, et le contraire de son contraire, ont fait leur preuve en matière d'enfumage, autant le "néo-pédagogisme" semble naissant. Disons que c'est un pédagogisme rénové, qui n'ose pas dire son nom.

    Cette rénovation a son histoire, sa bibliographie, caractérisée par la prétention du dépassement du pédagogisme par les pédagogistes mêmes. Cette absurdité ne peut se comprendre que dans la configuration plus générale dans laquelle elle est produite.

    Le discours ambivalent des tenants du néo-pédagogisme porte en lui-même les germes de son inanité : en ferraillant contre les résistances au changement pédagogique, tout en maintenant un type de discours qui précisément les fixe et bouche toute issue, les idéologues pratiquent une sorte de novlangue adaptée à leur cause, qui est celle de leur position.

    La situation est dès lors bel et bien bloquée : car pour sortir de l'impasse il faut déjà dépayser la problématique et extérioriser le questionnement.

    Ce n'est pas à l'ordre du jour.

     

     

     

     

     

     

     

     


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