• La parade des clercs

    On a pu croire un moment qu'ils allaient nous lâcher la grappe, et feraient preuve d'un peu de retenue, à défaut d'humilité.

    L'écolier, le pédant, et le maître d'un jardin

    Que croyez-vous qu'il arrivât ? Très vite, et alors que des millions de gens marchaient dans la dignité, les maîtres à penser ont pointé leur nez, à commencer par les vertueux leaders d'organisations, jusqu'aux professionnels du prêt-à-penser en passant par les enjôleurs des âmes : peu se sont défilés, soucieux de faire valoir ici leurs droits supérieurs.

    En une telle circonstance, se faire mousser, attirer l'attention sur soi, et détourner la sincérité populaire pour émulsifier de l'idéologie molle, relève de l'impudeur, dans quelques cas agressive.

    Ainsi, n'a pas manqué de se manifester très tôt la logorrhée obscène, les récris de vertus, les manies des piliers d'appareils qui se sont donné pour tâche non de contribuer à changer le monde, mais de le figer à leur façon, au plus bas étiage culturel possible. Et de le maintenir en crise.

    Tout un chacun ayant son mot à dire pour alimenter l'énorme paraphrase, et ayant à cœur de se positionner là aussi, de se vanter, et de tirer la couverture à ses intérêts. Pas de petit profit.

    On a vu les donneurs de leçons, les meneurs de troupes  et les clercs vertueux rappliquer tout de go et nous exhorter à susciter la parole et garantir la liberté d'expression : eux-mêmes parfois censeurs, contrôleurs, qui ne mettraient nullement en doute la force de leurs certitudes, au-dessus du lot, de nous tous.